Maroot’in, les cosmétiques solides made in Lyon
J’ai rencontré May et Clémence, les fondatrices de Maroot’in en avril dernier, dans le cadre d’un reportage pour le magazine Il était une fois dans l’ouest. J’avais découvert leurs cosmétiques par un heureux hasard, dans une pharmacie de Mornant et j’étais immédiatement tombée sous le charme de ce concept de routine visage en stick rechargeable. A l’époque, je n’étais pas forcément très branchée par la cosmétique solide que je ne trouvais pas très pratique. Leur démaquillant m’a rapidement fait changer de camp.
Portrait d’une jolie marque lyonnaise à qui tout semble sourire !

“On a voulu réinventer le solide pour qu’il soit aussi sensoriel que pratique au quotidien”.
Clémence Guichard & May Phromsrithong, créatrices de la routine visage Maroot’in
Ne dit-on pas qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ? L’histoire de Maroot’in débute à cause (grâce ?) de l’eczéma de May. Depuis ses études, le visage de la jeune femme se pare parfois de plaques disgracieuses, mais surtout très douloureuses, notamment autour des yeux. La zone est sensible, May ne souhaite pas l’exposer à des produits nocifs. Elle se lance alors en quête du produit miracle.
La conscience écologique de May est déjà très développée, elle se tourne naturellement vers les produits de beauté solides mais regrette leur manque de praticité. Ils glissent dans les doigts, collent de partout et sont difficiles à transporter – à moins d’investir dans des contenants spécifiques et encore. Il faut se rendre à l’évidence, ce produit miracle dont elle rêve n’existe pas.
Et pourquoi ne pas créer moi-même ma marque de cosmétiques solides ?
Qu’à cela ne tienne, en bonne marketeuse qu’elle est, elle se donne pour objectif de créer sa propre routine et se met en quête d’un binôme plus porté sur la technique. Et c’est là que Clémence rentre en scène !
La jeune femme travaille alors pour une marque de coloration végétale, après de brillantes études en chimie des formulations. Quand May la rencontre, elle est responsable du laboratoire cosmétique ; un très bon poste qu’elle quitte pourtant, après mûres réflexions, pour tenter l’aventure Maroot’in.
S’ensuivent alors des discussions enflammées dans le Parc de la tête d’Or. Les deux jeunes femmes brainstorment, partagent leurs valeurs communes, leur vision de l’entreprenariat et de leur future marque. Elles tiennent à proposer une alternative aux produits solides habituels, avec l’efficacité et la praticité propres aux cosmétiques liquides. Une manière pour elles de faciliter la transition sans faire de concession ! L’option du rechargeable est vite adoptée elle-aussi.
« Nous étions comme le Yin et le Yang, cette rencontre a été comme une évidence »
May Phromsrithong
Les deux créatrices se retrouvent notamment dans une vision long-terme de leurs futurs produits et sur leur éco-conception. Mais si les points de vue divergent parfois, ils font toute la richesse de ce binôme qui prône avant tout la transparence.
Elles veulent, à leur échelle, révolutionner l’univers des cosmétiques solides. Clémence se lance alors dans l’élaboration du premier produit qui devra être vegan, 100% naturel mais sans rien concéder à son efficacité.


Le tremplin KissKissBankBank pour les cosmétiques solides Maroot’in
Une fois la formule magique trouvée, May et Clémence lance une campagne de crownfunding via la plateforme KissKissBankBank. En quelques jours seulement l’objectif est atteint, et le résultat est au-delà de tout ce qu’elles avaient imaginé. La demande est bien là, voilà les deux jeunes femmes rassurées. Cerise sur le gâteau, dans le cadre du dispositif Beauté en Herbe, un partenariat entre KissKissBankBank et le Printemps, le projet Maroot’in est sélectionné parmi tant d’autres.
May et Clémence doivent aller pitcher leur concept dans l’écrin du Printemps Haussmann, devant une dizaine de directeurs et quelques caméras. Le produit n’est pas encore complètement abouti – l’étude sur le packaging poursuit son cours – et pourtant Maroot’in fait partie des trois projets retenus.
A la clé, elles obtiennent un financement de 2 000 euros et la mise en avant de leur produit aux Printemps Haussmann et Nation pendant un an, à l’espace Green Beauty. La machine est lancée !
Une énième marque de cosmétiques solides ?
Et bien non, parce que derrière Maroot’in se cache une véritable philosophie que May et Clémence appliquent à l’ensemble de leurs démarches.
Dès le départ, elles prennent le parti de ne pas “genrer “ leurs produits. Le packaging très sobre s’affiche dans des coloris volontairement neutres, tout comme leur parfum très subtil qui convient à toute la famille. Leurs cosmétiques solides s’adaptent à toutes types de peaux. Elles auraient aimé éviter le plastique mais ne trouvent pas de solutions alternatives satisfaisantes. Elles décident néanmoins de créer des produits rechargeables pour réduire la production de déchets inutiles.
Comme toute nouvelle marque, elles commencent par tout faire elles-mêmes : le site Internet, leurs réseaux sociaux, etc… Sur Instagram, elles deviennent mannequins d’un jour en se faisant les meilleures ambassadrices de leurs produits. Leur fraîcheur et leur authenticité séduisent et elles réussissent le tour de force de fédérer rapidement une communauté fidèle et engagée, qui la suit depuis leurs débuts.
Elles installent leurs bureaux dans l’Incubateur Manufactory de la Doua où elles bénéficient d’un bel accompagnement. En 2023, l’équipe s’étoffe avec l’arrivée de deux stagiaires, Louna et Carmelle.
Une fabrication de cosmétiques durable et locale
Dans une démarche écologique assumée, Clémence et May souhaitaient faire fabriquer leurs soins bios et naturels, dans la région Auvergne Rhône Alpes. Il a fallu dégotter pour cela un laboratoire leur permettant de sortir, au démarrage, peu de produits pour éviter les stocks inutiles.
Leur gamme compte aujourd’hui trois produits :
- le nettoyant démaquillant aux algues rouges et à l’extrait de pamplemousse. Aucun maquillage même waterproof ne lui résiste et grâce à son Ph neutre, vos paupières ne courent aucun risque.
- la crème visage éclat au beurre de karité, riche en bêta-carotène et contenant de la vitamine F pour une peau repulpée et nourrie en profondeur
- le masque peeling aux acides de fruit, à l’argile rose, contient lui-aussi de l’extrait de pamplemousse. Idéal pour retrouver un teint détoxifié en un clin d’oeil.
Les créatrices sont bien décidées à garder un œil sur la fabrication. Elles mettent un soin particulier à trouver le laboratoire où lancer leur production : il se situe à Givors.
Les deux jeunes femmes me racontent leurs parties de fous rires lors des premières séries de fabrication, charlottes sur la tête et grandes cuillères à la main.


Puis elles démarchent les pharmacies et parapharmacies du département. Clémence me confesse la difficulté d’endosser la casquette de commerciale quand on a un profil plutôt technique.
Des bases solides pour un avenir radieux
Cela vous a peut-être échappé mais le nom même de Maroot’in comporte plusieurs clés d’entrée et cela n’a rien d’un hasard. L’assonance avec « ma routine » est évidente, une façon d’affirmer pour Clémence et May qu’elles proposent des produits de beauté essentiels au quotidien. Avec le « ma », on permet à l’utilisateur de se l’approprier facilement. A tout cela, les deux jeunes femmes twistent le « routine » en « root » et « in » qui se traduisent par « dans la racine » ; l’élément indispensable à l’équilibre de la Nature. Un joli clin d’oeil à leur engagement écologique, une des valeurs phares depuis les débuts de la marque.
A l’automne 2023, Clémence et May seront les premières à répondre avec enthousiasme à notre Box Complètement à l’Ouest – la toute première du magazine Il était une fois dans l’ouest.
Un an plus tard, le succès ne se dément pas ! Pour preuve, le nettoyant-démaquillant de la marque vient d’être auréolé d’une Victoire de la Beauté, dans la catégorie responsable.
Nul doute que la cosmétique solide et rechargeable, made in Maroot’in, a de beaux jours devant elle.
Well done les filles !!





