Le Manoir de Collonges, redécouvrez l’art de vivre à la française
Enfant, je me rendais régulièrement au 9 rue Maréchal Joffre pour voir ma meilleure amie dont les parents louaient la maison de gardien de la Comtadine, une belle bâtisse du XIXe siècle dont j’admirais la majesté. Et puis, par le plus pur des hasards, ayant confié mes origines collongeardes sur le salon Vivre Côté Sud à Aix en Provence, une personne m’a parlé du Manoir de Collonges. Intriguée, j’ai fait quelques recherches et découvert que la Comtadine et le Manoir ne faisaient qu’un. A peine de retour sur Lyon, encouragée par une amie commune (merci Michèle Masarin), j’ai contacté Agnès Chalvin, l’heureuse propriétaire des lieux depuis près de dix ans, qui m’a gentiment proposé une visite guidée. Découverte d’un lieu, symbole de l’art de vivre à la française.

Ambiance maison de famille
A mon arrivée, l’émotion me saisit. La maison, à fois différente et semblable, exerce la même attraction qu’au temps de mon enfance. La façade a été rafraîchie, la porte d’entrée à claire-voie repeinte mais l’ambiance demeure. Dans mes souvenirs, l’intérieur bourgeois me paraissait déjà un brin désuet dans les années 90. J’ai hâte de découvrir ce qu’en a fait mon hôtesse.
Je pénètre dans la bâtisse, persuadée d’y croiser quelques gentils fantômes de mon enfance. Dès l’entrée, je suis sous le charme de la rénovation orchestrée d’une main de maître par Agnès. Du vestibule, dont le sol en terrazzo a été conservé, j’aperçois la grande pièce de vie, complètement repensée dont les quatre grandes fenêtres ouvrent sur le jardin et la piscine. Des couleurs sourdes et enveloppantes, dans des nuances de vert et de gris, habillent les murs et les plafonds et offrent le plus bel écrin aux objets et au mobilier savamment choisis.
J’ai incontestablement affaire à une passionnée de décoration. Mais comment l’aventure du Manoir a-t-elle commencé ?
Réveiller la belle endormie !
Agnès me raconte son parcours et l’heureux hasard qui lui a permis d’acquérir cette belle maison, édifiée en 1837, dix ans auparavant. Elle vient alors de quitter une maison contemporaine, imaginée par ses soins, à l’opposé de cette belle endormie dont elle tombe pourtant immédiatement sous le charme.
A l’époque, après une première longue carrière au sein de la compagnie Air France, Agnès souhaite concrétiser un rêve qu’elle caresse depuis quelques années déjà : ouvrir une maison d’hôtes d’exception dans l’ouest lyonnais à destination des particuliers mais aussi des professionnels.
Avec son associé de l’époque, ils se mettent en quête de la perle rare et la dénichent à Collonges au Mont d’Or, berceau du célèbre chef Paul Bocuse, dont le mythique restaurant n’est qu’à deux pas.


Design et charme d’antan
Agnès, férue de voyages et de décoration, se lance alors à corps perdu dans la rénovation de cette maison de famille, longtemps restée dans son jus, afin de lui redonner tout son lustre d’antan. Elle imagine créer un véritable cabinet de curiosités.
Pour ce faire et avec brio, elle fait dialoguer pièces iconiques du design du XXe, meubles de famille, à la belle patine et trésors de chine ou de voyages pour un mix and match des plus réussis.
Soucieuse de conserver l’âme des lieux, elle sublime les codes de l’Haussmannien dont la maison regorge, hauts plafonds ceints de moulures, parquets en point de Hongrie et belles cheminées, en les inscrivant dans l’air du temps. Agnès maîtrise sur le bout des doigts les préceptes de l’art de vivre à la française.
Comme un dimanche à la campagne
Grâce aux teintes sourdes, neutres et sobres, quelquefois rehaussées d’une touche de couleur plus franche comme le jaune, l’atmosphère qui se dégage des lieux est d’une grande sérénité. Une illustration réussie du quiet luxury, cette tendance qui prône une élégance discrète et raffinée.
Agnès n’a pas touché au bel escalier qui dessert les autres étages de la maison. Nous l’empruntons pour découvrir les autres pièces du Manoir. L’ambiance maison de famille saute aux yeux et on s’imagine aisément les rires d’enfants et les préparatifs fébriles qui précèdent un évènement familial.
Les cinq chambres disposent chacune de leur personnalité propre grâce à des pièces fortes et singulières, tantôt un luminaire, un paravent ou un objet insolite venu du bout du monde. On sent dans ces choix un véritable souci du détail et la recherche constante d’une qualité intemporelle. Trois salles de bain, modernes et elles-aussi décorées avec soin, complètent l’ensemble.
Agnès a pris le parti de ne louer le manoir que dans son intégralité. Avec son sens du service, hérité de son passé d’hôtesse, elle propose à ses clients des prestations haut-de-gamme et sur mesure pour une parenthèse au vert à seulement dix minutes de Lyon.
Comme à la maison, vous bénéficierez tout au long de votre séjour de délicates attentions et de la présence discrète mais chaleureuse de la maîtresse des lieux, jamais avare de bonnes adresses ou d’idées d’activités à proposer pour petits et grands. En effet, Agnès, amoureuse de sa maison, s’est aménagé son home sweet home dans l’ancien grenier où je découvre encore de belles idées déco et constate une nouvelle fois son sens inné de la scénographie.


Une bulle de luxe pour une parenthèse enchantée
Le Manoir de Collonges peut également être le cadre de séminaires avec sa salle de réunion dernier cri, située à l’entresol. Les pierres dorées du mur confèrent au lieu un supplément d’âme, à mille lieux de ces endroits immaculés et aseptisés proposés pour la plupart des team building.
A l’extérieur, dans sa bulle de verdure, la piscine imaginée par Agnès invite à la détente et au farniente.
Une maison qu’on a définitivement du mal à quitter. Baptêmes, mariages battent leur plein en ce moment, de quoi vous donnez des idées.
Merci Agnès de m’avoir permis de retrouver ce lieu emblématique de mon enfance !


