Art de vivre,  Portraits

Manila créatrice des ptits bonheurs de Mani,  une ode à la vie

Manila, Mani pour les intimes, c’est un vrai rayon de soleil. Le sourire vissé aux lèvres, elle respire la joie de vivre. Je la rencontre pour la première fois lors d’un afterwork organisé par mon amie Sophie Igras du Voyage Intérieur et je tombe immédiatement sous son charme. Mais comment faire autrement me direz-vous ? Je veux en savoir un peu plus sur cette talentueuse créatrice des Ptits Bonheurs de Mani et lui propose de faire son portrait pour mon blog, ce qu’elle accepte volontiers. Je découvre alors son parcours tout en ombre et en lumière. Et le coup de cœur s’amplifie encore. Découverte d’une femme forte, à qui rien ne résiste !  

Une enfance sous le signe de la création

Manila signifie “pierre précieuse” en laotien. Le Laos c’est le pays d’origine de sa maman. C’est donc à elle qu’elle doit ses jolis yeux en amande mais aussi sa fibre artistique. 

Mani me confie avoir toujours été créative, une vraie amoureuse du Beau. Parmi ses p’tits plaisirs d’enfant, chercher des coquillages sur la plage et en faire des palettes tout en camaïeux de couleurs.  

Une enfance choyée à Ecully où elle vit toujours aujourd’hui avec toute sa tribu.  

Mani est une grande rêveuse, férue de loisirs créatifs. Son autre passion ? Les enfants. A l’adolescence, elle caresse un rêve : celui de devenir institutrice. Un rêve qui deviendra réalité quelques années plus tard mais après un long chemin, semé d’embûches.  

La maladie qui va bouleverser sa vie

Parce que derrière ce beau sourire se cache en réalité un véritable calvaire qu’elle endure sans jamais se plaindre. Manila souffre d’une forme sévère d’endométriose. Chaque mois, depuis ses 12 ans, une douleur infernale lui laboure les entrailles. Une maladie qui la contraindra à mettre en suspens sa scolarité à plusieurs reprises et à endurer plusieurs opérations très lourdes. Elle subit dès l’adolescence des batteries d’examens qui ne débouchent sur rien …  

Mani serre les dents, tente de faire bonne figure pour n’inquiéter personne. Jusqu’à la crise de trop. Elle a alors 29 ans. Mariée à Anthony, son amoureux du lycée, avec qui elle file le parfait amour, elle rêve d’être maman.  

Un espoir qu’un gynécologue anéantira en seulement quelques secondes. Pour la première fois, elle entend parler d’endométriose. Une vraie déflagration mais aussi un soulagement. Elle n’est pas folle. Sa douleur existe, elle est enfin reconnue.  

Les témoignages qu’elle découvre sur Internet la glacent et laissent peu d’espoir à son désir d’enfant. Mais Manila n’est pas femme à baisser les bras.  

Elle se bat et devient, quelques années plus tard, maman d’un petit Victor.  

Une créatrice hyperactive

A la naissance de son fils, Manila est, comme elle l’avait rêvé enfant, professeur des écoles. Un métier qu’elle exerce avec passion. La maladie subsiste, tapie dans l’ombre, mais Mani tente de l’apprivoiser petit à petit.  

La naissance des ptits bonheurs de Mani

Passionnée de décoration, elle cherche mais ne trouve pas l’objet singulier qui ferait la différence, pour la chambre de son petit trésor. Elle découvre alors le tricotin. Elle sait qu’elle est douée de ses mains et se lance. A l’instinct.  

De jolis mots viennent alors égayer les murs de la chambre de Victor. Des mantras positifs qui dénotent du profond optimisme qui l’anime.  

L’élégance et la poésie de ses créations font mouche. Ses amis lui en réclament. Elle les présente ensuite sur son compte Instagram, les Ptits Bonheurs de Mani et c’est le début pour elle, sans qu’elle l’ait vraiment envisagé, de la grande aventure entrepreneuriale.  

Professeur des écoles, créatrice la nuit

Ses créations rencontrent d’emblée un franc succès. Sa communauté, charmée par ses créations et sa personnalité attachante, ne cesse de croître.  

Commence alors une double vie que Mani doit gérer en parallèle de sa vie de maman.  

Au bout de quelques mois, elle prend son courage à deux mains et démarche quelques boutiques avec lesquelles elle aimerait collaborer.  

Et ça fonctionne.  

 Tout juste un an après la création de sa marque, les concept-store Simone Sisters – à l’époque encore à Saint Genis Laval – et les Enfants Rêveurs à Lyon 6e lui font confiance.  

Quelques années plus tard, en 2021, Mani est sélectionnée pour exposer aux Galeries Lafayette Haussmann pour le festival des familles Kids, etc. Une première consécration. D’autres suivront. Comme ce passage dans l’émission de France 5, Silence, ça pousse aux côtés du pape des jardins, Stéphane Marie et de la pétillante Carole Tolila.  

Pendant plusieurs années, elle va tout mener de front, parfois au bord de l’épuisement, jusqu’à la naissance de son deuxième miracle, sa fille Charline. Plutôt que de faire les choses à moitié, elle choisit alors de se mettre en disponibilité de l’Education Nationale et de se consacrer exclusivement à ses enfants et à ses créations.  

Les ptits bonheurs de Mani, des créations tout en poésie

Amoureuse de la Nature et de l’artisanat, Manila a la ferme volonté de créer des objets beaux et durables. Elle raffole de belles histoires et adore chiner des cadres anciens qu’elle agrémente ensuite de ses jolis mots en écriture cursive – héritage assumé de son passé d’enseignante.  

Après l’ampoule en tricotin, son best-seller, elle a l’idée de la couronne de fleurs à message. Dans une démarche d’éco-responsabilité, elle opte immédiatement pour les fleurs séchées.  

Suivront marque-pages, cadres anciens et globes décoratifs, au fil de son imagination débordante !  

Ses créations dans un livre, bel hommage pour cette amoureuse des mots

Viviane Rousset, directrice éditoriale des Editions de Saxe, charmée par ses créations, la contacte via Instragram pour lui proposer un projet de livre consacré à ses créations.  

Manila hésite. Ses créations sont souvent copiées. Un livre ne va-t-il pas provoquer la prolifération de ces “contrefaçons” ? Après mûres réflexions, la créatrice y voit l’occasion d’assumer sa signature artistique. Elle se lance, comme elle fait dans tous ses projets, à corps perdu dans cette aventure éditoriale.  

Après un an de labeur, sort Créations végétales et jolis mots doux qui regroupe une vingtaine de tutos retraçant son univers.  

Un an après, en faveur d’une absence de dernière minute, Viviane la nomme ambassadrice des Editions de Saxe pour le Salon Créations et Savoir-faire à Paris. Au pied levé, Mani assure la relève avec brio.  

Une créatrice de liens

De ce succès grandissant, l’entrepreneuse souhaite en faire profiter le plus grand nombre. Dans la bouche de Mani, sororité n’est pas un vain mot.  

La créatrice a toujours voulu et su s’entourer. Hypersensible et empathique, la jeune femme n’aime rien tant que faire plaisir et rendre les gens qui l’entourent heureux !  

Le Temps des Familles, un festival incontournable de créateurs à Lyon

L’idée nait, en 2017, de l’envie d’un écrin pour des créateurs qui portent les mêmes valeurs et peinent à trouver un marché avec une véritable unité.  

Avec son amie Marie-Anaïs, fondatrice du concept-store Mes Comptoirs et Céline de la marque Poussière des rues, elles imaginent donc un marché avec un vrai fil directeur pour mettre en relation créateurs et familles à l’affût de belles trouvailles. Elles peaufinent le concept avec une sélection pointue autour de l’univers de la famille, exposée le temps d’un week-end festif et créatif.  

L’évènement se tiendra d’abord au Studio Quotidien, un studio de shooting, format mouchoir de poche. Mais déjà une dizaine de créateurs sont au rendez-vous.  

S’en suivront trois belles éditions chez In-Sted dans le 3e arrondissement.  

Puis, devant le succès grandissant, le Festival du Temps des Familles s’installe au Château de Montchat, où pas moins de 3 000 personnes participent à sa dernière édition en 2023.  

C’est à ce moment-là qu’entre en scène Marie Hardy, décoratrice d’intérieur de la marque MH Décoration, qui remplace Marie-Anaïs et Céline, parties vers de nouveaux horizons.  

Pour connaître les dates de la prochaine édition, stay tuned sur les réseaux !  

Des ateliers de création

De ses années dans l’éducation, Manila a conservé le goût de la transmission. La perspective de créer toujours seule chez elle ne l’enchante guère – même si elle apprécie aussi ses moments d’introspection et de liberté.  

L’idée d’ateliers où elle partagerait son savoir-faire murît rapidement. Les premiers auront lieu dans son propre salon. Elle cherche ensuite de beaux lieux inspirants : ce sera d’abord, son fief du Café Sans Filtre à Ecully.  

Puis viendront l’Effet Canopée à Lyon et Nous à Craponne. Encore et toujours une histoire de rencontres avec Pauline et Elodie, les propriétaires des lieux, devenues des amies.   

Au fil du temps, elle décline ses ateliers informels pour des évènements particuliers comme des EVJF ou des teambuilding en mode afterwork. Voir partir ces femmes, des étoiles plein les yeux, avec leurs créations entre les mains, est l’une de ses plus belles récompenses.  

Les fugues créatives

C’est dans ces moments de partage qu’apparaît une nouvelle envie. Celle de fugues créatives plus longues, pensées comme des parenthèses enchantées, sous le signe de la sororité. Cette envie naît avant tout d’une frustration, celle de devoir se quitter au bout de seulement trois heures après avoir tant échangé.  

Mani trouvait alors tous les prétextes pour prolonger ces moments suspendus : un goûter, un café, un dîner et puis un jour, eurêka.  

Avec son amie Laetitia, artisane céramiste de la marque Po.laet, elles décident d’organiser des fugues le temps d’un long week-end ; du vendredi midi au dimanche soir. Dans des lieux d’exception, particulièrement ressourçant, 14 femmes se retrouvent dans une bulle bienveillante et créative pour papoter, échanger, créer, se reconnecter à soi … et aux autres.  

Suivez leur compte Instagram, pour connaître les dates des prochains rendez-vous.  

Des rêves plein la tête

Mani trace son sillon et nous prouve que, malgré les obstacles, il n’y a pas de rêve impossible ! De chaque épreuve, elle a su faire une force. Avec Anthony, son amour de toujours, elle a créé la vie dont elle avait toujours rêvé. Heureuse, avec Victor et Charline, d’avoir pu déjouer les pronostics qui la condamnaient à ne pas avoir d’enfant. 

Malgré la maladie qui ne l’a jamais épargnée, elle a su saisir les opportunités quand elles se présentaient. Modeste, elle attribue volontiers son succès à la chance mais force est de constater qu’elle a aussi beaucoup travailler pour en arriver là.  

D’un naturel réservé, elle tend aujourd’hui à s’assumer un peu plus. Après la Une du magazine Il était une fois dans l’ouest au printemps dernier, elle fait partie des 40 Audacieuses, sélectionnées par la talentueuse photographe Amélie Clairet pour son exposition éponyme. Exposition où vous retrouverez aussi Charline Bourbon, sujet de l’un de mes précédents portraits.

Courez la découvrir à la Librairie à soi.e jusqu’au 28 septembre.  

Merci Mani pour ce beau parcours de résilience !  

Au sujet de l’endométriose, Mani a témoigné en 2020 au micro de Clémentine Galey, fondatrice du podcast Bliss Stories. Elle l’a fait, en toute sincérité, non pas pour se livrer mais pour permettre aux femmes tout juste diagnostiquées d’entendre un message d’espoir. Celui qu’elle aurait tant aimé avoir au moment où son gynécologue, de la plus abrupte des manières, lui annonce qu’elle n’aura jamais d’enfant. 

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